
Valérie Richard
Un soir… Un bus…
Photographier des gens dans le bus le soir après le travail provoque un mélange d’émotions assez subtil.
Il y a d’abord une forme de curiosité humaine. J’observe des visages fatigués, perdus dans leurs pensées, parfois apaisés, parfois tendus, cela peut donner l’impression d’entrer furtivement dans la vie de quelqu’un sans qu’il le sache.
Lorsque je les regarde, je trouve que beaucoup ressentent une mélancolie douce. Le soir la lumière est différente, les corps sont plus relâchés, les regards plus absents. On capte des instants de transition entre travail et maison, entre rôle social et intimité.
Il peut y avoir aussi une forme de solitude partagée. Même entouré de monde, chacun est dans sa bulle, en les photographiant je peux ressentir un lien étrange avec ses inconnus comme si nous pouvions partager la même fatigue ou le même moment suspendu, la même routine.
Pour moi c’est figer un instant banal et donner une importance nouvelle à une scène ordinaire.
Au fond je pense que ce type de photographie touche souvent à quelque chose de très humain comme par exemple, le passage du temps, l’anonymat, la fatigue et la beauté discrète du quotidien.
Une authenticité, une seconde de vie capturée sur le vif.
Valérie RICHARD




